On avait peu visité, mais on cherchait beaucoup, c’était une technique, (avant on visitait beaucoup et on cherchait peu), c’était incroyable de voir toutes ces maisons avec de la moquette dans la salle de bains, et du carrelage ébréché dans le salon, parfois, il y avait des maisons avec des portes coupe-feu, des maisons toutes neuves, et dès qu’on sortait d’une pièce, la porte se refermait d’un coup sec, et autour, toutes les portes étaient bien fermées, je me souviens d’un couloir comme ça, j’étais postée au milieu, à la recherche de la cuisine, et aucun indice, toutes les portes étaient absolument semblables, l’appartement était tout neuf, avec vue sur la brasserie Guinness, ça sentait la bière si on ouvrait la fenêtre, mais là, dans le couloir, ça ne sentait rien, et d’ailleurs, la plupart des fenêtres ne s’ouvraient pas.
C’était absolument impossible de vivre comme ça, entre plusieurs portes fermées, j’avais poussé une des portes, c’était la sortie.
Et puis, on avait trouvé, une maison, une vraie maison, pas un appartement, j’avais déjà vécu dans plusieurs maisons, toujours en location, des maisons avec un ou deux étages, il y avait longtemps, des maisons d’adultes, ça y était, c’était mon tour, ça serait ma maison, enfin presque, on ne l’achetait pas. Je serais toute petite, les plafonds étaient très hauts, ça s’appelait une maison bruxelloise, grande, c’était une vieille maison, il y avait beaucoup de murs et de portes, des grandes portes le long des murs, il n’y avait pas la place de mettre des meubles, trois pièces en enfilade, je faisais des plans, j’avais fait des plans avec les pièces dessinées et des petits meubles découpés, c’était une invention pour la ville, je n’aimais pas les meubles, il y avait une pièce sans fenêtre au milieu, je me fichais de tous ces meubles, si je pouvais, on faisait des tranches de maison fines et longues, je voulais supprimer tous les petits meubles empilés, dans lesquelles on pouvait mener des vies, je ne savais pas encore quel genre de vie, mais avec un jardin.
Après, l’appartement était plein de cartons, c’était tous ces moments-là, que j’essayais de vivre ensemble, et de raconter, entre les enfants qui couraient, tous ensemble, et les piles de linge, les lits défaits, et les draps propres, il y avait pas mal de manières de vivre un déménagement, avec ou sans enfants, avec ou sans conviction, ensemble, la plupart du temps, il fallait dire à tout le monde que c’était l’horreur, même si tout se passait bien.
Il fallait ranger les tasses, j’en cassais presque une par jour, ça débarrassait, un soir la tasse rouge, ma tasse préférée, j’avais passé tellement de temps à boire du thé dans cette tasse à Dublin, et depuis, rouge avec un cercle argenté au milieu, tout dépoli, depuis, lâchée dans le couloir presque sans bruit, elle ne s’était pas cassée en mille morceaux, le liquide s’était surtout répandu sur mon bras, la tasse était restée entière mais ébréchée et fendue presque sur toute la longueur, je l’avais jetée presque tout de suite.
Le Shabby Chic Palace allait sûrement rester encore Shabby pour quelque temps, personne n’aimait le nom,j’avais donné un nom à la maison, à part moi, j’aimais bien ce nom, mes goûts un peu bizarres, ça faisait trop pompeux c’était sûr,
Je ne savais pas si j’allais raconter quoi que ce soit du déménagement à partir de maintenant ou des mois qui avaient précédé, le maintenant changeait tout le temps, le pacte d’agitation avec moi-même, tout irait bien si tous les jours, tout ce qu’il fallait faire tous les jours, sans sortir de la catégorie n’en fait jamais trop, il fallait choisir son camp,
Dans l’appartement, cela ne suffisait pas d’acheter, pour que ce soit extraordinaire, il y avait trop de choses, c’était difficile d’imaginer comment faire pour mettre moins de choses, j’aimais déjà les choses, mais avec inquiétude, je ne savais pas si j’aimais les choses anciennes, ou si je voulais vivre avec des nouvelles toutes propres, j’hésitais, sur les couleurs aussi, il y avait beaucoup de couleurs, et chaque année qui passait, j’aurais voulu adoucir d’un ton, passer vers le gris, et le blanc,
Est-ce que j’avais acheté autant de choses et avec autant de plaisir dans l’ancienne maison, j’avais acheté, mais avec plus d’inquiétude, je n’étais pas sure, c’était l’arrivée dans un endroit moins bien, une maison moins bien que celle d’avant, mais plus conforme, à moi, à l’endroit où je pouvais me situer. Une maison trop bien, c’était beaucoup de souci et un peu de gêne, si on ne pouvait pas inviter tout le monde, j’invitais tout le monde, de plus en plus, dans la maison trop bien, d’avant, le Shabby Chic Palace en mieux, encore mieux, mais plus petit, et plus neuf, le Shabby Chic Palace était tellement délabré, pas tout, dans l’ensemble, c’était incroyable une maison pareille, mais en tout, si on considérait chaque partie, et tous les petits et gros travaux imprévus qu’il faudrait faire, ça ne ressemblait pas du tout à the Muse, (la maison d’avant avant avait aussi un nom, écrit sur la porte, c’était le genre de maison qui pouvait se le permettre, je ne sais pas très bien pourquoi cette maison avait tant de facilité à être nommée, il y avait cette plaquette the muse sur la porte, depuis longtemps, bien avant nous, bien après nous, tout le monde l’appelait comme ça), mais parfois, les gens refusaient, de venir, enfin, les gens avaient un choc en arrivant, la maison était beaucoup trop bien pour nous, c’était un peu comme ici, une maison extraordinaire, qui sortait de notre ordinaire, de gens à appartement, on ne connaissait personne qui habitait dans une maison pareille, on était parti, ça n’avait pas duré,
J’achetais, on achetait tous les jours des choses pour le Shabby Chic Palace, des ustensiles de cuisine, de la batterie, je mettais de côté tout ce dont je ne voulais plus, le plus possible de choses, et j’allais en racheter d’autres. Plus, au passage, le Shabby Chic Palace est dans une rue toute calme, mais plus loin, à côté, il y a énormément de magasins, la plupart des magasins, au passage d’autres choses, des shorts, des tee-shirts, j’essayais d’acheter des chaussures, mais je n’y étais pas parvenue, du vin,
Il y avait encore des cartons un peu partout, et des décisions à prendre, des dizaines de décision, sur des rangements, j’étais très tentée de décider de me séparer de presque tout, pour une fois, le faire, donner les plantes vertes, tous les petits meubles, des livres, des jouets, j’avais déjà laissé tous mes vieux tableaux, c’était étonnant de revoir ça, tout posé dans le local poubelle, une montagne, j’aimais bien ces montagnes de choses, et tout le travail et le temps,
Quand j’ai commencé à écrire, je n’avais jamais peur, je pouvais rester pendant des heures à raconter, j’écrivais beaucoup de lettres, je remplissais peu de cahiers, mais j’étais persuadée qu’un jour, bientôt, j’en remplirais plus, et je l’ai fait, un jour, pendant quelques années, deux ou trois, peut-être quatre, j’ai rempli des cahiers, et surtout des documents, je classais les mots, chaque fois que j’écrivais, il y avait des mots qui pouvaient aller avec d’autres, j’aimais bien trouver les rapprochements,
On se demandait si on allait racheter des tapis, et quels meubles, je voulais acheter des lampes, pour commencer dans l’entrée, je n’avais pas envie de couleur, il regardait le catalogue ikea, on était allé acheter des vieux meubles un peu cassés, j’avais peur des meubles tout neufs, je ne pouvais pas vivre dans une maison toute neuve, peut-être un jour, j’avais envie de repeindre des choses, et d’être heureuse, j’avais souvent envie d’être heureuse et je n’y arrivais pas toujours, pas bien, je gardais une petite bouche sérieuse, chaque fois que j’avais une petite bouche sérieuse c’était foutu, le reste du temps, ça allait, mais je n’avais pas complètement réappris à rire, je n’étais pas sure que je riais assez, ou que je pleurais, j’étais un peu inerte, si je vidais la maison, un peu, peut-être que je parlerais moins, et que je serais plus heureuse, je me minais pour des choses, j’étais trop exigeante avec lui, je voulais qu’il change, je n’étais pas bienveillante, s’il pouvait changer un peu, j’essayait de lui expliquer, je savais que je devais moins penser aux autres, à ce qui pouvait m’émouvoir inutilement, j’avais passé trop d’années à m’émouvoir des autres, j’avais déjà eu peur de ne plus l’aimer, et qu’il ne m’aime plus, je voulais qu’il me fasse rire, c’était l’été et j’avais acheté des robes, quelques robes, et, avec tous les escaliers, c’était facile d’avoir un corps svelte, et tout ce soleil, j’avais des couleurs, l’extérieur du corps était bien, l’intérieur, je ne savais pas, il y avait des brûlures d’estomac et le manque de sourire, je voudrais être le chat du Cheschire, je me disais que si j’écrivais et que je disais tout ça, répéter tout ça, c’était mortel j’avais toujours voulu écrire des choses drôles, mais maintenant je vieillissais, je pouvais moins réfléchir, j’allais y perdre, ça y était, j’avais des marques sur les jambes, des petits vaisseaux, qu’il faudrait enlever, le catalogue ikea était sans fin.
J’ai senti que j’allais crier, un peu, que j’étais de moins en moins aimable, j’avais une espèce de mauvaise humeur qui prendrait sûrement le dessus, avait pris, j’étais pieds nus, les pieds noirs, dans la cave du Shabby Chic Palace, avec du linge, des cartons, de la poussière, et un éclairage à chier, c’était peut-être ça le pire,
En lui-même, le Shabby Chic Palace comportait toutes les raisons de se faire aimer et haïr à la fois, à cause de la taille trop grand, il nous faisait marcher, j’avais presque fini de vider les cartons de vêtement, il ne manquait que quelques paires de chaussettes, et quelques foulards, quelques leggings dans une boîte rose avec des cochons, le parquet ciré et poussiéreux, et les murs amortis de la cave, j’aimerais repeindre toute la cave, je passais des heures à la cave, mais je ne repeignais rien, je vidais des cartons.
Il y en avait pour des heures, et même après des heures, il fallait fournir un effort constant, et ne pas se décourager, parce que, ça ne serait fini, on ne pourrait arriver à une sensation familière que dans longtemps, après le débarrassage du dernier carton, les aménagements de toutes les pièces. Pour l’instant, tout était provisoire, quasiment chaque objet était destiné à être déplacé, ailleurs, dans un autre meuble, une autre pièce, à être mis au rebut, j’avais mis tellement de choses au rebut qu’il en restait encore tellement, c’était un peu incompréhensible.
Une maison aussi grande, j’ai déjà habité une fois, plein de fois dans la maison des autres, je m’installais facilement chez n’importe qui, il suffisait de m’inviter, c’était facile de prendre une valise, parfois je ne dormais pas bien et je regrettais, à cause des bruits et des oreillers, il me fallait des oreillers pas trop gros et pas très fermes, et pas de bruit, surtout pas de tic tac, et de l’air, des fenêtres ouvertes, de préférence, ça rendait quand même pas mal d’endroits inadaptés, les sous-sols, les chambres d’hôtels chics (les oreillers sont beaucoup trop gros).
Une fois, dans un hôtel, il y avait sur l’oreiller, déjà présent dans la pièce, un menu d’oreillers, cinq ou six, peut-être plus, oreillers possibles pour passer la nuit, c’était incroyable, c’était mon anniversaire, il n’y a pas tellement d’années, deux, déjà deux, j’avais adoré cette nuit d’hôtel, on avait dormi la fenêtre ouverte.
(Une autre fois, on ne pouvait pas ouvrir la fenêtre, et c’était nul.)
Le Shabby Chic Palace était de moins en moins shabby, mais pas de plus en plus chic, toujours aussi palace, on avait rangé pas mal de choses, presque toute la cuisine, j’avais tellement d’envies de changement qu’em devenait fou, il voulait réutiliser tout ce qu’on avait, je voulais me débarrasser de la moitié, que ce soit des jeux ou des meubles, des vêtements, j’avais retrouvé, bien rangés, bien propres, dans une pochette noire, tous les slips post-accouchements, depuis six mois, tous les mois, on se débarrassait, enfin, surtout em, je ne pouvais pas prendre des décisions aussi importantes comme ça, de toutes les affaires de bébé, il les prenait et les donnait partout, à tout le monde, si on avait un autre bébé, il faudrait tout lui acheter, on ne pourrait jamais tout racheter comme ça.
Mais c’était moi qui pensais à tout ça, il n’y avait aucune raison d’avoir un autre bébé, c’était long et fatiguant, avant, et après, c’était encore plus fatiguant après, quoique tout irait très vite,
Les slips étaient encore là, je pouvais encore accoucher, je me souvenais très bien des dernières minutes de chaque accouchement, et des premières, je savais que je n’oublierais jamais, très souvent je pensais à toutes ces minutes, encore maintenant, je savais que c’était fait, que ça faisait partie des moments les plus intenses, que c’était des moments parfaits de découpage de la vie, c’était fait quand c’était après, avant, on ne se rendait pas compte. C’était sûrement pour ça que j’avais gardé les culottes, pour être prête, toujours prête pour après, quand il fallait prendre soin de soi, c’étaient de véritables doudous du sexe, j’aimais bien me dire que mon sexe était emballé, pour un temps, comme dans un pansement, qu’avant de redevenir ce petit muscle prêt à tout, il fallait l’emmailloter, comme un bébé,
Tout était possible, em monte des armoires billys dans le couloir, c’est une idée un peu folle, les armoires billy étaient comme de hautes…
Girafes, je crois que c’était ça que je voulais écrire, j’avais laissé la phrase comme ça, des girafes posées contre le mur, on s’installait, j’avais rempli les girafes de nourriture et de choses de cuisine, des nappes, des tasses à café, ça ne ressemblait pas tellement à des girafes, à part l’étroitesse et la hauteur, mais je venais de finir un livre d’Haruki Murakami où il faisait des métaphores particulièrement inattendues, j’essayais de faire pareil,
à force, je comprenais que c’était moi qui allais tout ranger, c’était comme pour le repassage, il ne savait pas, il posait des choses à sa façon, il ne rangeait pas, il ne nettoyait pas avant, il ne réfléchissait pas, il vidait le carton, d’un coup, et après on ne retrouvait rien, je devais tout ranger sinon j’attrapais mal au ventre, ça tapait dans mon cœur, c’était bête et une perte de temps, je pourrais faire tellement de choses si je ne rangeais pas tout ça, mais j’aimais bien rester enfermée à ranger, je pouvais presque tout oublier de la vie, même que j’existais,
A un moment, on acceptait, j’avais jeté tellement de choses, je n’aimais pas jeter, il fallait se débrouiller avec ce qu’on avait, puis j’adorais, ni acheter, mais j’avais appris à aimer acheter, au début, dès que j’avais eu de l’argent, j’avais voulu acheter des vêtements, je n’aimais pas être mal habillée, je serai toujours un peu mal habillée, parce que parfois j’oubliais qu’il fallait bien s’habiller, enfin, pas toujours, j’oubliais complètement comment il fallait faire pour être bien habillée, je me déguisais, mais pas aujourd’hui, aujourd’hui, j’avais rangé des assiettes et des tasses, il y avait aussi des couvercles, c’était incroyable le nombre de couvercles qui faisaient partie de ma vie, em avait beaucoup travaillé, et quand on s’était arrêté, vers 13 h, on ne s’était pas beaucoup parlé, et je pensais presque tout le temps à la fable du lièvre et de la tortue, je n’avais jamais compris, le lièvre était rapide, plus rapide que la tortue, mais si le lièvre dormait, la tortue gagnait, ce qui ne voulait pas dire que la tortue était plus rapide, mais que le lièvre, j’essayais d’interroger em, pour qu’il m’explique ce qu’il en pensait, est-ce que la morale concernait uniquement la persévérance, mais le « rien ne sert de courir », je n’avais jamais compris, si le lièvre courait, il pouvait battre, facilement, la tortue, j’avais toujours couru très doucement, je ne courais même presque pas, tellement c’était doucement, encore une fable contre la paresse, il ne fallait jamais s’arrêter, ni se reposer, pour être le meilleur, comme la cigale et la fourmi, et pourtant je n’avais jamais gagné aucune course,
A force de jeter, je prenais plus de risque, j’avais moins peur, de me débarrasser de toutes sortes de choses qu’on voyait tous les jours, et qui ne servaient à rien, des coussins, des tasses à café, des choses de bébé, des verres, beaucoup de choses en verre, des bibelots, tous ou presque tous les bibelots reçus en cadeau, des boîtes en carton coloré, beaucoup de choses, trop vieilles, pas vraiment utiles, à la cave,
C’était l’occasion d’y croire, que c’était possible, en jetant des trucs, qu’on était pas si mal, qu’on allait être complètement différents, mais y avait du boulot,
Il y avait aussi le problème des meubles et des affaires après les voyages, on avait acheté des choses, à chaque fois comme des voyageurs, un peu à la va-vite, un peu trop vite, on se mariait il fallait un canapé, on avait acheté un canapé, pareil pour les tables, si on avait besoin de tables, il fallait trouver des meubles à chaque fois différents, si on habitait dans une grande ou une petite maison ou une avec des angles. Des meubles qui pouvaient s’adapter, à toutes les maisons, ça faisait à chaque fois des meubles en trop, qu’on casait comme ça, jusqu’au Shabby Chic Palace, des armoires à chaussures grillagées, une étagère, une table basse avec une vitre, pas tant que ça, des meubles pas très beaux ni précieux, mais pas encore finis, encore capables de faire quelque chose pour une maison, si besoin est,
Un jour, j’avais passé des heures et des heures à repasser, cela faisait des années que je n’avais pas repassé comme ça, comme si le fait d’emménager donnait envie de repasser ses habits, comme si le Shabby Chic Palace était l’occasion de faire toutes sortes de choses inédites, monter ou descendre des escaliers les bras chargés, mais aussi, en plus de cuisiner des nouveaux plats sur la table chaude, repasser des habits dans différentes pièces de la maison, et même les draps, je voulais figurer dans un supplément spécial repassage d’un magazine de décoration.
Après les vacances, on était rentré, ma maison, j’avais une maison, je devais apprendre à être dans cette maison-là, peut-être apprendre à rester seule, j’avais compris combien j’aimais être seule, j’avais besoin de temps, et être seule, ça permettait de compter le temps, mais pas trop,
Il y avait tous les autres, j’avais besoin d’être seule souvent à cause des autres, pendant toute la journée je pensais aux autres, à ce que les autres pouvaient faire de plus et de moins que moi, j’aimais bien voir les autres, et regarder, les regarder, me regarder les regardant, les regarder me regardant, à force d’écrire, j’avais envie d’explorer des terrains plus opaques, l’amour et le non amour des autres, l’empathie, l’envie, je ne connaissais même pas exactement l’étendue de ces terrains-là, comment on pouvait envier l’amour des autres entre eux, les aimer, et avoir peur, j’avais peur de l’indifférence, s’il y avait de l’indifférence, mais pas toujours,
Quand j’avais envie d’écrire j’avais envie d’écrire sur tout, c’était simple, tout pouvait s’écrire, mais dès que je commençais, ça ne donnait rien,
C’était peut-être parce que c’était une grande maison, ça faisait comme s’il allait y avoir plein d’aventures, des nouvelles, des enfants qui montaient aux arbres et faisaient de la soupe dans un arrosoir, de la musique, à nouveau de la musique, et peut-être des soirées lecture, des soirées débats, des soirées cuisine, peut-être un dîner presque parfait, avec tout le monde en habit, je ne savais pas.
En attendant, ça ne manquait pas de carton.
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j'aime bien tes classeurs de mots.ph&
RépondreSupprimerje t'oublie pas, toi...
RépondreSupprimeror donc ce matin à 6h00, son train avait 30 minutes de retard mais j'étais levée déjà quand j'ai su, je t'ai lu, et comme je regardais l'heure toutes les deux secondes, j'ai su que ça m'avait pris 20 minutes, de te lire, 20 minutes...
RépondreSupprimeret j'ai voulu te l'écrire, mais impossible de quitter le profil de ma rebelle dont je ne voulais pas déflorer le blog ou quoi ou qu'est-ce, tu vois...
alors voilà.
merci julip, ça m'a pris des mois de l'écrire, pas que je voulais écrire pendant des mois, mais c'était là, quelque part, des mots à la suite, 20 minutes, je suis contente d'avoir créé 20 minutes de ton temps,
RépondreSupprimermagnifique Grizbelle.
RépondreSupprimerSuper-Duper site! I am loving it!! Will come back again â taking your RSS feeds also, Thanks.
RépondreSupprimerpaxil