J’avais déjà vu 21 grams et Babel, je savais qu’Iñarittu peut filmer, et aime pleurer, et faire pleurer, (qui sait si ça le fait pleurer ?), mais il filme, il aime filmer, il continue, il a fait suffisamment de films pour qu’on puisse penser qu’il aime ça. Le temps, et la consécration, l’accompagnent.
Je n’ai jamais fait de films, je ne sais pas pourquoi quelqu’un comme Iñarritu filme, mais il le fait, à chaque fois, avec des histoires compliquées, entre la vie et la mort, il y a toujours une part de risque, il aime bien montrer la vulnérabilité, ça fait un cinéma qui montre les choses moches de la vie, les corps, comment les corps sont salis par la vie. C’était déjà le cas dans les autres films, je ne me souviens pas de tout, mais de ça, oui, que c’est un peu laid, la vie, sous la caméra d’Iñarittu, et que, là commence Biutiful : plus on s’approche de la pauvreté et de l’exploitation, plus c’est laid.
Après les deux premières minutes d’un prologue qui sera, (on s’en doute un peu), le futur épilogue, s’enchaînent les scènes moches, dans des vies, une vie surtout, (mais pas seulement), où la beauté est un problème, on ne sait même pas vraiment comment ça s’écrit.
Quand on regarde Biutiful, on pense beaucoup à sa peau, on aimerait parfois que ça ne nous prenne pas aux tripes, et, moi, je me disais surtout : tiens c’est un peu la même histoire que Ma Vie sans moi, d’Isabel Coixet, une femme qui n’a rien va mourir, qu’est-ce qu’elle peut faire avant, c’est un peu la même chose, les deux films. Un homme, et une femme, filmés par un homme, et une femme.
Isabel Coixet, elle, fait tout le temps un "beau" film, il n’y a rien de sale, à être pauvre ou mourant, la mort approche, mais tout reste calme, légèrement beau, presque embelli, au fur et à mesure du film.
Iñarittu, au contraire, ne sait pas, ne veut pas, (malgré l’expérience), apaiser, (malgré le succès).
C’est assez fascinant de voir un film aussi désespérant, aussi peu affiné, on dirait un documentaire qui ne cache rien, sans tout montrer, les plans sont coupés, la caméra bouge, tout a du mal à être fixé. Les scènes sont courtes, les hommes blancs, noirs, jaunes, il y a beaucoup de personnages, (pas autant que dans les films précédents), autour de Javier Bardem, l’homme qui va mourir. Tous victimes, tous coupables, de quoi ? de tellement de choses, ça ne s’explique pas, la plupart font mal, du mal.
Les enfants, au milieu, observent, les enfants sont encore innocents, « protégés par l’univers » peut-être, on l’espère, comme le dit sans tendresse, (rien ne sert de s’attendrir), une vieille femme, qui n’a peur ni de la mort, ni de la vie.
Il y a beaucoup de malheur pour remplir ce film, beaucoup d’images trop, (trop ?). Ce qui est si évident pour Isabel Coixet, une discrétion, ménager les effets, épurer les tristesses, rien de tel chez Iñarittu. Malgré tout, le film, comment ignorer un film qui a le courage de raconter ça ? Les hommes de toutes les couleurs qui meurent, avec au centre, celui qui mourra, pas mieux, pas moins bien, rien sauvé. Un cinéaste qui a le courage, ou la folie ou l’indécence, d’écorcher la beauté sous tous les angles, secouons-nous et voyons en face, ce que tout cache, ceux qui se cachent, un homme qui fait un film comme ça, aussi laid, toute cette misère, c’est là, pas loin, la beauté n'y peut rien, jamais, la beauté est finie, ça sera pour une autre fois.
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ne connais ni l'un, ni l'autre...
RépondreSupprimerouais, t'es pas très cinoch toi, regarde sur internet, tu les trouveras (si ça te tente),
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