dimanche, août 07, 2011

la tuile, un peu technique, à cause des échelles


Ambiance on part à la plage, en criant, tous, les parents, les gosses. T, trois ans : "maman je suis très fâché après toi", A, cinq ans, proteste. Les parents, on dit : taisez-vous, et puis, on y va, on s'installe, on s'immerge, à l'eau, et à l'huile, on mange des crêpes et des glaces, ça fait un peu famille du sud, le sang chaud, on ressemble plus à rien tellement on est bronzé. 

On claque un peu les portes, les volets, avant de partir, on se charge, on a tout, mais on oublie aussi, deux trois choses, j'y retourne, la maison n'est pas loin de la plage, une fois ou deux, je rouvre la porte, c'est toujours pareil, parfois je passe un coup de fil, ou j'étends du linge, en même temps, j'ouvre, je fais plusieurs choses à la fois, je referme, c'est simple, c'est la maison prêtée, une porte serrure à l'envers, l'autre avec la moustiquaire recousue, la routine. 

Sauf quand ça s'ouvre pas.

Là, je ne peux pas rentrer dans la maison.

Je retourne la clef, dans un sens, dans l'autre, le verrou est toujours à l'envers, et ça s'ouvre toujours pas. c'est une vieille porte, le pêne fonctionne, mais la clenche s'est décrochée, ça tourne dans le vide, je tire la chevillette mais la bobinette cherre pas. 

Tout est calme.

Moi, moins.

La porte bloquée, plus moyen de la claquer ou de s'engueuler, tout le monde parti, aucun public, ni mouvement, j'essaie encore pas plus de cinq fois, peut-être trois, je comprends plus vite que tout, la poignée, quelle tuile.

Seule, tous les autres à la plage, avec la mission de rentrer dans la maison, mais pas par la porte. Toutes les fenêtres fermées, les volets tirés et tout. La tuile.

Je passe deux détails, pas une question de pipi, pour une fois, j'avais pas du tout envie de faire pipi, puis je me retrouve dans la cour, j'avais la clef de la cour. on pourrait toujours vivre un peu dans la cour, si la porte ne s'ouvrait plus.

Et puis, à force, la tuile, la tuile, je voyais la maison fermée de partout, je pouvais regarder par la fenêtre de la cour, comme elle était là, et bien fermée, aucune entrée, la tuile, mais une idée. Le vasistas dans le toit de la chambre des enfants. fermé, mais la vieille clenche qui bloque, peut-être juste poussé, peut-être ouvert. Restait à monter sur le toit. 

Et là, comme dans les films, je vois devant moi, je n'y avais pas fait attention avant, dans la cour, deux échelles, accrochées, au milieu du reste, (il y a beaucoup de choses dans cette cour) si ça se trouve, les propriétaires, rentrent aussi chez eux par le toit, parfois. 

L'auvent était baissé, pas possible de s'appuyer directement contre la terrasse du premier, mais une sorte de préau rudimentaire, il y avait ce préau, au dessus des armoires bateaux, en pente, pas franchement solide, je tente avec la première échelle, je tâte, ça a l'air d'aller, je hisse la deuxième, (il faut toujours avoir deux échelles à sa disposition), la pousse pour la glisser là-dessus, qu'elle retombe pas à cause de la pente, ça tient. Je passe mes jambes, l'une, puis l'autre, je me tiens à rien, mais ça va. Alors, je me mets debout, re-tire et re-hisse l'échelle jusqu'à la terrasse, installe le plus près possible du toit, ça a l'air assez haut, mais l'échelle se hisse pile. Je gravis. 

J'y suis, ça a pris moins de dix minutes, je suis sur le toit, si le vasistas s'ouvre, est-ce que ça s'ouvre par l'extérieur, ces trucs-là ? Je marche debout sur le toit, il est pas tellement en pente, et j'ai la classe des grands jours, j'espère qu'on puisse me voir d'en bas, mais toujours personne. il fait trop chaud. 

Je marche sur des tuiles, je sens, j'essaie d'à peine effleurer, parce que c'est juste posé, pas cloué ou collé, on pourrait pas vraiment courir, au risque de tout faire voler, quelques mètres, avant de m'accroupir, et de pousser un grand coup sur le panneau. la structure en acier est bouillante, j'ai un peu peur de me brûler les fesses, mais ça s'ouvre.


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